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L.LN°9: La Princesse de Montpensier, Mme de La Fayette

7 Avril 2026 , Rédigé par Christelle Bouley

Parcours associé : raison et sentiments

 

Extrait de La Princesse de Montpensier de Madame de Lafayette (parution en 1662, XVIIème siècle)

 

                                                 Une rencontre merveilleuse, sous le signe de la passion

 

  Dans cette nouvelle, l'intrigue se déroule en France et dans un passé proche, sous le règne de Charles IX (1560-1574), à savoir durant l'époque de la Renaissance (XVIème siècle) qui a précédé le Grand Siècle (=XVIIème siècle). Ces personnages portent des noms français et même des noms célèbres de l'aristocratie qui sont familiers aux lecteurs de l'époque. Madame de La Fayette, quand elle mentionne des lieux, se réfère à une géographie réelle et familière (Angers, Loches, Paris).L'oeuvre débute avec les noces de Madame de Montpensier et se poursuit sur la passion malheureuse et destructrice d'une femme mariée pour un autre que son époux. Dans ce passage, le duc de Guise se perd avec ceux qui l’accompagnent et toute la troupe se retrouve devant un petit bateau, arrêté au milieu de la rivière, avec trois ou quatre femmes à l’intérieur, dont la princesse de Montpensier, magnifiquement habillée. Tous les hommes sont époustouflés par la beauté de cette femme.

 

Parcours associé : raison et sentiments

 

Extrait de La Princesse de Montpensier de Madame de Lafayette (parution en 1662, XVIIème siècle)

 

                                                 Une rencontre merveilleuse, sous le signe de la passion

 

  Dans cette nouvelle, l'intrigue se déroule en France et dans un passé proche, sous le règne de Charles IX (1560-1574), à savoir durant l'époque de la Renaissance (XVIème siècle) qui a précédé le Grand Siècle (=XVIIème siècle). Ces personnages portent des noms français et même des noms célèbres de l'aristocratie qui sont familiers aux lecteurs de l'époque. Madame de La Fayette, quand elle mentionne des lieux, se réfère à une géographie réelle et familière (Angers, Loches, Paris).L'oeuvre débute avec les noces de Madame de Montpensier et se poursuit sur la passion malheureuse et destructrice d'une femme mariée pour un autre que son époux. Dans ce passage, le duc de Guise se perd avec ceux qui l’accompagnent et toute la troupe se retrouve devant un petit bateau, arrêté au milieu de la rivière, avec trois ou quatre femmes à l’intérieur, dont la princesse de Montpensier, magnifiquement habillée. Tous les hommes sont époustouflés par la beauté de cette femme.

 

« Cette aventure donna une nouvelle joie à ces jeunes princes et à tous ceux de leur suite. Elle leur parut une chose de roman. Les uns disaient au Duc de Guise qu'ils les avait égarés exprès pour leur faire voir 3cette belle personne, les autres qu'après ce qu'avait fait le hasard, il fallait qu'il en devînt amoureux et le duc d'Anjou soutenait que c'était lui qui devait être son amant. Enfin, voulant pousser l'aventure à bout, ils firent avancer de leurs gens à cheval le plus avant qu'il se put dans la rivière pour crier à cette dame que c'était Monsieur le Duc d'Anjou (1) qui eût bien voulu passer de l'autre côté de l'eau et qui priait qu'on le vînt prendre. Cette dame, qui était Madame de Montpensier (2), entendant nommer le Duc d'Anjou et ne doutant point à la quantité de gens qu'elle voyait au bord de l'eau que ce ne fût lui, lui fit avancer son bateau pour aller du côté où il était. Sa bonne mine le lui fit bientôt distinguer des autres quoiqu'elle ne l'eût quasi jamais vu. Mais elle distingua encore plus tôt le Duc de Guise. Sa vue lui apporta un trouble qui la fit paraître aux yeux de ces princes dans une beauté qu'ils crurent surnaturelle. Le Duc de Guise la reconnut d'abord, malgré le changement avantageux qui s'était fait en elle, depuis les trois années qu'elle ne l'avait vue. Il dit au Duc d'Anjou qui elle était, qui fut honteux d'abord de la liberté qu'il avait prise, mais, voyant Madame de Montpensier si belle et cette aventure lui plaisant si fort, il se résolut de l'achever et, après mille excuses et mille compliments, il inventa une affaire considérable qu'il disait avoir au-delà de la rivière et accepta l'offre qu'elle lui fit de passer dans son bateau. […]. Monsieur de Guise ne se mêlait point dans la conversation et, sentant réveiller dans son cœur si vivement tout ce que cette princesse y avait autrefois fait naitre, il pensait en lui-même qu'il pourrait demeurer aussi bien pris dans les liens de cette belle princesse que le saumon l'était dans les filets du pêcheur. Ils arrivèrent bientôt au bord, où ils trouvèrent les chevaux et les écuyers de Madame de Montpensier qui l'attendaient. Le Duc d'Anjou lui aida à monter à cheval, où elle se tenait avec une grâce admirable, et, ces deux princes ayant pris des chevaux de main (3) que conduisaient des pages de cette princesse, ils prirent le chemin de Champigny où elle les conduisait. Ils ne furent pas moins surpris des charmes de son esprit qu'ils l'avaient été de sa beauté et ne purent s'empêcher de lui faire connaître l'étonnement où ils étaient tous les deux. Elle répondit à leurs louanges (4) avec toute la modestie imaginable, mais un peu plus froidement à celles du Duc de Guise, voulant garder une fierté qui l'empêchât de fonder aucune espérance sur l'inclination qu'elle avait eue pour lui. »

 

La Princesse de Montpensier, Madame de Lafayette.

Vocabulaire

(1)Duc d’Anjou : frère de Charles IX (frère du roi en place au moment de l’histoire), futur Henri III (1574-1589). C’est le troisième fils de Catherine de Médicis et d’Henri II.

(2)Madame de Montpensier : Marie de Montpensier, dont le nom de jeune fille est Mézières. Sous le vrai nom de Renée D'Anjou, elle est née le 21 octobre 1550. Demoiselle de Mézières, elle épouse le Prince de Montpensier en 1566, mais ne se comportera jamais comme une princesse.Elle mourra de maladie, très fragile. 

(3)Chevaux de main : cheval mené par un cavalier monté sur un autre cheval .

(4)Louanges : compliments.

 

Grammaire

1-Analysez la phrase « elle leur parut une chose de roman » (l.1-2).

2-Analysez le membre de phrase « Monsieur de Guise ne se mêlait point dans la conversation » (l.18-19).

3 Analysez le membre de phrase «  où elle se tenait avec une grâce admirable » (l.21). Nature et fonction de la proposition + nature et fonction du mot « où ».

 

(1)Duc d’Anjou : frère de Charles IX (frère du roi en place au moment de l’histoire), futur Henri III (1574-1589). C’est le troisième fils de Catherine de Médicis et d’Henri II.

(2)Madame de Montpensier : Marie de Montpensier, dont le nom de jeune fille est Mézières. Sous le vrai nom de Renée D'Anjou, elle est née le 21 octobre 1550. Demoiselle de Mézières, elle épouse le Prince de Montpensier en 1566, mais ne se comportera jamais comme une princesse.Elle mourra de maladie, très fragile. 

(3)Chevaux de main : cheval mené par un cavalier monté sur un autre cheval .

(4)Louanges : compliments.

Grammaire

1-Analysez la phrase « elle leur parut une chose de roman » (l.1-2).

2-Analysez le membre de phrase « Monsieur de Guise ne se mêlait point dans la conversation » (l.18-19).

3 Analysez le membre de phrase « où elle se tenait avec une grâce admirable » (l.21). Nature et fonction de la proposition + nature et fonction du mot « où ».

 

Correction de la lecture linéaire

 

Introduction

a)Contexte historique et littéraire : Dans cette nouvelle historique, publiée en 1662, l’intrigue se déroule en France dans un passé proche, sous le règne de Charles IX, à savoir durant la Renaissance. Madame de La Fayette appartient au mouvement littéraire du classicisme, mouvement dans lequel l’ordre, la raison sont importants, au détriment de la passion qui est considérée comme un trouble de l’âme. La Princesse de Montpensier, prise dans les filets de son amour pour le duc de Guise, finira par perdre son ami le comte de Chabannes, la confiance de son mari et l’amour de son amant qui lui préfèrera la marquise de Noirmoutiers.

b)Présentation du texte : Dans le passage que nous allons étudier, le duc de Guise et sa petite troupe se retrouvent devant  un petit bateau, arrêté au milieu de la rivière dans lequel la princesse est assise et ressent un nouvel émoi à la vue de son ancien amant.

c)Mouvements : dans un premier mouvement, nous analyserons l’arrivée de la troupe masculine auprès de la princesse (l.1 à 10). Dans un second mouvement, nous observerons l’amour toujours présent entre la princesse et le duc de Guise (l.10 à 21). Enfin, dans un troisième mouvement, nous nous focaliserons sur le départ de la troupe pour Champigny (l.21 à 27).

d)Problématique : En quoi ce passage, tiré d’une nouvelle historique, met-il en avant la beauté que fait renaitre la passion cachée chez la princesse de Montpensier ?

 

I-L’arrivée de la troupe masculine devant la princesse de Montpensier (l.1 à 10)

  Le G.N « cette aventure » renvoie, au XVIIème siècle, à ce qui advient par hasard, de façon fortuite. L’aventure fait référence à la troupe masculine qui aperçoit des femmes sur un bateau au loin et cela éveille leur curiosité. Nous avons affaire à un récit romanesque, avec l’emploi du passé simple mettant en avant des faits de premier plan : « donna », « parut ». Les événements de second plan sont relatés à l’imparfait ou au plus-que-parfait : « disaient », « avaient égarés », « avait fait », « fallait », « soutenait ».Le subjonctif imparfait « devînt » met en évidence ce que les hommes autour du duc de Guise pensent : ce dernier deviendra amoureux de cette jeune femme que le hasard leur a fait croiser. Tout cela semble si merveilleux qu’on croirait qu’il s’agit d’un « roman » (l.2). Le roman est une œuvre de fiction, d’imagination qui raconte des aventures . Ce dernier étudie les mœurs, les caractères et analyse les sentiments et les passions. La princesse de Montpensier qui n’est pas encore nommée et n’est pas encore connue de toute la troupe masculine est désignée par la périphrase : « cette belle personne. » L’adjectif « belle » met en évidence le caractère esthétique de cette jeune femme qui sera au centre de l’attention.

  Deux hommes semblent attirés par cette dame : le duc de Guise, ancien amant de la princesse avant son mariage arrangé avec le prince de Montpensier, et le duc d’Anjou qui deviendra le futur Henri III et qui est actuellement le frère du roi. Une rivalité se dessine en filigrane entre ces deux hommes : « le duc d’Anjou soutenait que c’était lui qui devait être son amant » (l.4). Le duc d’Anjou se fait connaître, étant un personnage haut placé et demande à la troupe féminine, assise dans le bateau de le faire passer de l’autre côté de la rivière. Il profite de son rang pour se faire entendre et obtenir la faveur des femmes.

   Le G.N « cette dame » est suivi d’une proposition subordonnée relative apposée « qui était Madame de Montpensier » qui a une valeur explicative et est séparée du G.N par une virgule. La princesse est enfin identifiée. Elle pense que c’est bien le duc d’Anjou qui l’interpelle, car il est très entouré, avec une cour importante. Etant donné sa position, elle s’avance. N’ayant jamais vu le duc d’Anjou, elle parvient cependant à l’identifier : « sa bonne mine le lui fit bientôt distinguer des autres quoiqu’elle ne l’eût quasi jamais vu. » (l.9). Un de ses traits distinctifs semblent « sa bonne mine ». L’adjectif « bonne » renforce l’idée qu’il est probablement joyeux et on peut supposer qu’il a pour la princesse une sorte de coup de foudre qui illumine son visage.

 

II-L’amour toujours présent entre la princesse et le duc de Guise (l.10 à 21)

    Cela dit, l’homme qui retient vraiment l’attention de la princesse, avant les autres, est le duc de Guise, comme le souligne cette phrase : « Mais elle distingua encore plus tôt le duc de Guise. » (l.10) La conjonction de coordination « mais » marque l’opposition. Si elle pense savoir qui est le duc d’Anjou, sans l’avoir jamais vu auparavant, elle aperçoit sans problème le duc de Guise qu’elle reconnaît immédiatement. Le passé simple met en évidence une action de premier plan : « elle distingua ». La princesse est tout de suite émue. Son trouble est visible physiquement et la rend encore plus belle : «Sa vue lui apporta un trouble qui la fit paraître aux yeux des princes dans une beauté qu’ils crurent surnaturelle » (l.10) . L’adjectif « surnaturelle » renforce le caractère merveilleux de la scène. L’émerveillement que suscite la princesse auprès de la troupe d’hommes est visible et la rend encore plus attirante. Il s’agit bien ici du trouble généré par la passion. Cet adjectif « surnaturelle » s’inscrit dans le champ lexical du roman avec « aventure », « nouvelle joie ». Elle est encore plus belle qu’avant ce qui suscite une vive émotion. Le temps n’a pas terni son élégance et sa majesté : « malgré le changement avantageux qui s’était fait en elle, depuis les trois années qu’elle ne l’avait vu. » (l.12). Bien qu’elle ait changé, elle est toujours reconnaissable. Le complément circonstanciel de concession « malgré le changement avantageux » le souligne. La vieillesse ne semble pas avoir de prise sur elle. Sa beauté grandit avec les années. Cet aspect renforce l’idée d’une scène romanesque, d’un moment unique et touchant où le temps semble suspendu et laisse présager d’une ou de plusieurs passions à venir. Le duc d’Anjou est de son côté très pressé de se rapprocher de la princesse et invente une histoire (« il inventa une affaire considérable ») pour y parvenir au plus tôt. Le champ lexical de l’attirance est lui aussi présent avec les termes « changement avantageux », « aventure », « lui plaisant si fort », « compliments ». L’aventure crée de la surprise, du suspense : qu’en sera-t-il de la suite ? La princesse reviendra-t-elle vers le duc de Guise ? Se laissera-t-elle charmer par le duc d’Anjou ? Ou restera-t-elle fidèle à son mari ? La suite de la nouvelle historique nous en dira davantage.

  Le duc de Guise voit ses sentiments d’antan refaire surface en lui. L’adverbe « si » intensifie ses sentiments : « sentant réveiller en son coeur si vivement » (l.18). La passion rejaillit en lui et le rend plus vivant, comme le souligne l’adverbe « vivement ». Une comparaison vient exprimer ce qu’il ressent par l’intermédiaire de la locution conjonctive « aussi...que » : « aussi bien pris dans les liens de cette belle princesse que le saumon l’était dans les filets du pêcheur. » La comparaison nous informe sur cette passion qui rend esclave comme le saumon qui est pris au piège des filets du pêcheur. Le duc de Guise risque de se laisser à nouveau prendre dans les filets de la passion.

 

III-Départ de la troupe pour Champigny dans le château de la princesse (l.22 à 27)

  Une fois la traversée de la rivière faite. Les hommes et les femmes se retrouvent sur l’autre rive, au milieu des chevaux et des écuyers de Madame de Montpensier, prêts à rejoindre son château de Champigny. Le duc d’Anjou se montre courtois, puisqu’il aide la princesse à monter sur son cheval : « Le duc d’Anjou lui aida à monter sur son cheval. » (l.21). La proposition subordonnée relative adjective explicative (elle est explicative, car elle se trouve entre deux virgules) « où elle se tenait avec une grâce admirable » (l.21) valorise la princesse qui sait d’une part monter à cheval et d’autre part, le faire avec « grâce ». Elle a de bonnes manières, elle sait plaire et son pouvoir de séduction ne fait plus de doutes. On valorise à nouveau sa beauté, sa prestance, avec l’emploi du pléonasme « grâce admirable ». On peut penser que la grâce en soi fait l’objet d’admiration, c’est le charme qui fait l’objet d’admiration. Le rajout d’un adjectif renforce cette idée. Le verbe « aider » est ici utilisé comme un verbe transitif indirect (« aider à quelqu’un »). D’après le dictionnaire Littré en ligne, cette formulation a un sens un peu spécifique qui se distingue de l’emploi courant : aider qqn. Aider à quelqu’un, c’est partager personnellement le travail, alors qu’aider qqn se dit de toutes les espèces d’aide, il est plus général. Le duc d’Anjou se montre très attentionné vis-à-vis de la princesse. Il l’aide personnellement pour la séduire, car cette femme, bien que mariée, lui plait.

  La princesse possède à la fois des attraits physiques et des qualités morales. Les deux aspects sont mis en parallèle par la locution conjonctive « moins...que », qui introduit une comparaison : « ils ne furent pas moins surpris des charmes de son esprit qu’ils l’avaient été de sa beauté » (l.23-24). L’étonnement dans lequel se trouvent les deux hommes met en valeur leur sensation causée à la vue de cette personne extraordinaire. Le champ lexical de l’extraordinaire est bien présent avec les G.N « grâce admirable », « charmes de son esprit », « sa beauté » et « l’étonnement ». La princesse semble parfaite aussi bien physiquement que moralement. L’harmonie intérieure et extérieure, prisée dans le mouvement du classicisme, est soulignée. L’étonnement, au XVIIème siècle, renvoie à une sensation morale causée par quelque chose d’extraordinaire ou d’inattendu (cf : dictionnaire Littré en ligne, spécialisée dans le vocabulaire du XVIIème siècle). Cette femme suscite l’admiration, elle cause de vives émotions aux deux hommes qui sont subjugués par ses charmes. C’est donc l’émotion de la surprise qui est décrite ici, même si l’étonnement est plus fort, puisqu’il entraine un ébranlement moral.

 Très vite, la suite du texte illustre une des qualités morales que la princesse possède : la modestie. Voici ce qui est raconté : « Elle répondit à leurs louanges avec toute la modestie imaginable » (l.25). Elle reste discrète, ce qui est là aussi, une des caractéristiques prisée par le classicisme qui met en valeur l’idéal de l’honnête homme. L’honnête homme est celui qui fait preuve d’intelligence, reste maitre de lui-même et se conforme aux bienséances. Il ne choque pas. La princesse est à la fois galante et séduisante. La narratrice ajoute que Mme de Montpensier se montre plus froide envers le duc de Guise, en raison des sentiments qu’elle a eu par le passé et pour garder sa fierté. Le nom « fierté » a ce sens-là dans ce contexte : il se dit de l’état de l’âme d’une femme qui ne se rend pas à l’amour (cf : Littré, dictionnaire en ligne). La princesse doit se contenir et ne pas céder à la passion, ce qui est une preuve de maitrise de soi pour l’époque. Elle est mariée, ses sentiments ne doivent plus ressurgir. La négation « aucune espérance », caractérisée par l’emploi du déterminant indéfini « aucune » marque la volonté de la princesse de ne pas céder.

 

Conclusion :

a)Bilan (réponse à la problématique) : Ce passage met en avant une contraction chez la princesse : cette dernière est troublée en voyant le duc de Guise, ce qui la rend encore plus belle et pourtant, elle se montre plus froide envers lui, car elle ne veut pas nourrir une espérance insensée et contraire aux bienséances.

b)Ouverture : L’extrait de cette nouvelle historique met en avant une passion renaissante chez le duc de Guise et chez la princesse, bien que cette passion soit interdite, puisque la princesse est mariée. A l’instar de Louise dans Mémoires de deux jeunes mariées de Balzac, Marie de Montpensier se laissera prendre dans les filets de la passion. Et pour les deux femmes, la fin sera tragique, à savoir une mort prématurée. Louise meurt à 30 ans et la princesse, « dans la fleur de son âge », c’est-à-dire avant que la vieillesse ne fasse surface, encore jeune.

 

Grammaire

1-Analysez la phrase « elle leur parut une chose de roman » (l.1-2).

 

Il s’agit d’une proposition indépendante dont le sujet est « elle » et le verbe « parut ». Il est conjugué au passé simple et marque un fait de premier plan.

 

2-Analysez le membre de phrase « Monsieur de Guise ne se mêlait point dans la conversation » (l.17-18).

 

Il s’agit d’une négation composée des adverbes corrélatifs « ne...point ». C’est une négation totale, car si on la transforme à la forme affirmative, nous aboutissons à ce résultat : « Monsieur de Guise se mêlait dans la conversation ». Pas de rajout de mot. « Ne...point » est totalement effacé.

 

3 Analysez le membre de phrase « où elle se tenait avec une grâce admirable » (l.21). Nature et fonction de la proposition + nature et fonction du mot « où ».

  • où elle se tenait avec une grâce admirable : proposition subordonnée relative adjective (nature).
  • Ct de l’antécédent « cheval ». Elle est épithète détachée du nom « cheval » , en raison de la virgule qui les sépare (fonction).
  • Où : pronom relatif (nature)
  • Fonction d’où : complément circonstanciel de lieu du verbe de la principale « aider ».

 

 

 

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