Exposé noté 20/20 sur L'HOMME PRESSE de Paul Morand
Thème A Toute vitesse (BTS)
Exposé oral noté 20/20 à partir de l'ouvrage lu : L'homme pressé de Paul Morand : Des arguments pertinents en rapport avec le sujet et avec le thème. Un excellent plan !
Par Chara-Zed Mehallel et Sandra Benkouider (BTS 2ème année Banque, au lycée Edouard Gand à Amiens)
Écriture personnelle : Ne faut-il pas accepter d'être patient pour s'inscrire dans une durée épanouissante ? (réalisé à partir de L'Homme pressé de Paul Morand)
Intro: La vitesse permet de multiplier les possibles, de vivre avec intensité de nombreuses expériences. Elle est grisante, elle procure une ivresse qui nous ravit. Pierre Niox, le personnage principal de L'homme pressé de Paul Morand en est l’exemple parfait. C’est pour cela que nous serons amenés à nous poser la question suivante : Ne faut-il pas accepter d'être patient pour s’inscrire dans une durée épanouissante? Dans un premier temps, nous constaterons les conséquences engendrées par une vie accélérée et dans un second temps, nous verrons en quoi le fait de garder le contrôle de nos vies permet de créer un certain équilibre.
Développement
I)Les conséquences d'un vie accélérée
A) Amour, amitié et paternité gâchés
L’accélération que l’on décide d’adopter n’est pas sans conséquences. Pierre Niox est emporté par une urgence inhabituelle, une hâte électrique qui lui fait manquer sa vie. En effet, celui-ci gâche tout. Commençons par l’amitié :
- d’abord, son ami et bras droit Placide qui l’abandonnera, fatigué par l’énergie vide de sens de Pierre. L’impatient finit toujours par user le patient.
Passons à l’amour : quand il rencontre son grand amour Hedwige, malgré ses efforts pour adopter un rythme de vie normal il ne pourra contenir sa nature. Dès qu’il chasse le naturel, celui-ci revient au galop.
Concernant la paternité, même ça, Pierre la gâchera en allant demander à sa femme enceinte de consulter la médecine afin d’accélérer de 3 mois la naissance de leur enfant. Bien sûr sa femme, finira par s’éloigner de ce mari, invivable, et retournera dans son cocon familial.
A cette allure vertigineuse, il ne goûte plus ce qui fait le prix de la vie, ni les moments d’intimité que sa femme lui accorde. Il se consume et consume les siens en fonçant vers un but qu’il renouvelle à chaque fois qu’il atteint.
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b)Arriver plus vite au rendez-vous de la mort
Pierre vit à 100 à l’heure. Chacun de ses gestes est étudié dans le but de gagner du temps et d’être productif. Par exemple, il met ses chaussures tout en nouant sa cravate. Il bannit les pantalons à boutons pour ceux à fermeture éclair. Notre citation vue auparavant prouve cette obsession : Pierre devient polyvalent en réalisant plusieurs gestes afin de battre son record précédent. Il est constamment dans le dépassement de ses limites.
A force de faire des excès de vitesse, il multiplie les accidents de voiture.
Dans sa course contre le temps, il n’a aucune chance de remporter le défi et la mort viendra lui rappeler par une première crise cardiaque non fatale que la moralité de cette histoire montre l’impatient plus souvent puni que récompensé. Ces gestes répétitifs et vides de réflexion sont un pas de plus vers la mort. « Vite et mal » telle est la devise de Pierre Niox, dit l’homme pressé.
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Garder le contrôle de nos vies sans nous laisser happer par la vitesse
A)Prendre le temps de se ménager
Pour éviter tout cela, il est primordial de garder le contrôle de sa vie sans se laisser happer (= saisir brusquement) par la vitesse.
Il est préférable de se ménager c’est-à-dire se réserver du temps pour pouvoir en disposer par la suite. Il faut privilégier les relations humaines et une vie sociale harmonieuse ce qui est la clé de notre épanouissement et de notre bien-être tant physique que psychique.
Prendre du temps pour soi, c’est le partager avec les autres, parce que le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé. Cela passe par les moments partagés avec sa famille, ses amis et par de nouvelles rencontres. Choses qui n’ont pas traversé une seule seconde l’esprit de Pierre.
Pierre n’a pas pris le temps de se poser et de se recentrer. Il fait ce qu’il aime à toute vitesse c’est-à-dire acquérir des objets de valeurs qu’il ne prend pas le temps de savourer. Quand ses jours ont commencé à être comptés, Pierre s’est vu obligé de poser le pied sur le frein et ralentir la cadence.
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B)Ecouter les signaux envoyés par notre corps
Pour être en harmonie avec soi, l’être doit exclure tout rythme fatal pour commencer. Il faut alors écouter les signaux que notre corps nous transmet.
Prenons pour exemple notre protagoniste qui n’est gère à l’écoute de ses besoins et de ses sentiments. De ce fait, il se gâche et rate une paternité. Pierre n’a pas le courage de rencontrer sa progéniture et fait demi-tour devant la chambre d’hôpital en se disant « A quoi bon ? ». Regrette-il ces années gâchées, cet enfant abandonné lâchement, cette maladie mortelle ? Regrette-il de s’être gâché, et de ne pas avoir atteint son objectif qui était de voir grandir son enfant et de lui transmettre le flambeau ?
Ce sont les pures désastres causés par un être qui n’a jamais su écouter les signaux envoyés par son corps (par exemple lorsque la crise cardiaque le frappe). On peut alors s’imaginer que Pierre regrette de ne pas avoir augmenté son espérance de vie, en étant plus à l’écoute et en se ménageant. C’est peut-être là un retour vital.
Ccl : Un rythme fatal ne peut aller avec une vie bonne et harmonieuse. A trop être pressé, nous méprisons le présent avec une sensation d’avoir fait le tour du présent sans être arrivé. La vitesse n’est qu’une course gagnée dont la solitude est le prix. Il faut laisser le temps au temps. Une vie harmonieuse ne peut rimer avec rythme fatal. La vitesse consume l’être jusqu’à son épuisement, voire son extinction. Il faut alors savoir donner du repos à son corps et accepter d'être patient pour s’inscrire dans une durée épanouissante. Si Pierre avait fait le choix de ralentir, il n’en serait pas là aujourd’hui et ne serait pas mourant.